Protection des captages

En Wallonie, la protection des captages est sous la responsabilité de la SPGE et des producteurs.

Aujourd'hui, la SPGE intervient de façon déterminante dans la protection des captages.

A l'heure actuelle, on consomme dix fois plus d'eau qu'il y a un demi-siècle. Parallèlement, certaines zones industrielles exigent un débit supérieur aux villes attenantes. Dans le même temps, la contamination des rivières par toutes sortes de polluants rend leur traitement de plus en plus difficile et coûteux. Le recours aux eaux souterraines est donc important.

Dans le cycle naturel de l'eau, l'on peut, de façon schématique, distinguer les eaux de surface et les eaux souterraines. Les eaux souterraines représentent, en Wallonie, un volume considérable et sont appelées à satisfaire des besoins en perpétuelle augmentation. Pour ce faire, il est nécessaire de connaître leurs caractéristiques et leur comportement. Il est indispensable de les protéger.

Les nappes sont essentiellement alimentées par l'infiltration des eaux de pluie dans le sol. Elles sont stockées dans des roches réservoirs (acquifères) à des profondeurs variables. Dans une nappe libre, l'eau de pluie pénètre par toute la surface puis s'accumule dans des roches poreuses et perméables (sable) ou dans des roches fissurées (calcaire). En revanche, dans une nappe captive, l'eau est maintenue sous un couvercle imperméable et son alimentation s'effectue essentiellement dans les zones d'affleurement ou par échange lent avec d'autres nappes situées en dessous ou au dessus. Seules les nappes dites fossiles ne se régénèrent pas ou très lentement.

On le voit, quelle que soit la nature de la nappe, il était donc vital de réglementer les différentes activités en surface. Avec les producteurs, la SPGE a une mission essentielle dans la protection, notamment comme structure coordonnant et finançant les actions des différents acteurs impliqués dans la gestion des eaux souterraines. Les zones qui entourent le captage de ces eaux sont, aujourd'hui, en Wallonie, strictement réglementées et ce afin d'éviter au maximum la pollution de celles-ci. En effet, en Wallonie les réserves renouvelables des eaux souterraines sont estimées à environ 550 millions de m3 par an, volume qui correspond à la part des eaux météoriques qui pénètrent dans le sous-sol.

L'Europe, soucieuse notamment de la protection du milieu et de l'amélioration de la qualité de vie, a, en décembre 1979, voté une directive relative à la protection des eaux souterraines.

La Wallonie, compétente pour la préservation des nappes du sous-sol wallon, s'est mise en conformité avec la législation européenne en votant, en avril 1990, un décret sur la protection et l'exploitation des eaux souterraines et des eaux potalisables (décret du 30 avril 1990; MB du 30 juin 1990; p. 13183) . L'un des objectifs est d'assurer une gestion durable, la plus économe possible tout en permettant la multiplication des utilisations et en veillant à préserver cette ressource essentielle qu'est l'eau.

Depuis l'année 2000, la Wallonie a chargé la SPGE de réaliser, en collaboration avec les différents producteurs d'eau, la protection des zones de captages. Pratiquement tous les producteurs ont signé avec la SPGE un contrat de service de protection au terme duquel celle-ci fait assurer les mesures de protection des eaux potalisables.

Grâce à ce travail de concertation entre les différents acteurs, des avancées substantielles ont été réalisées dans la délimitation officielle de ces zones. C'est un atout considérable pour notre environnement et pour l'avenir d'un de nos biens le plus précieux, l'eau.

21/06/2017