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Extranet | Vous avez dit "Eau potable"?Qu'est-ce qu'une eau potable en termes de résidus de produits phytosanitaires ?La potabilité de l'eau en termes de concentration en résidus de produits phytosanitaires est fixée par l'Arrêté du Gouvernement wallon du 20 juillet 1989 relatif à la qualité de l'eau distribuée par le réseau (cet arrêté correspond à la transposition en droit régional de la directive européenne 98/83/CE). Cet arrêté spécifie que la concentration en produits phytosanitaires dans les eaux potables ne peut dépasser 0.1 microgramme par litre pour une substance individuelle et 0.5 microgramme par litre pour la somme des concentrations des différentes substances. Cette norme peut paraître très stricte, au regard des faibles valeurs tolérées, mais elle ne reflète en rien les risques pour la santé humaine. En effet, cette norme se base sur la philosophie de tolérance d'une concentration de "zéro"; elle est égale à la plus petite quantité que les méthodes d'analyse peuvent détecter ou pouvaient détecter lors de sa mise en place. Elle n'a donc aucune base (éco)toxicologique. Cependant, ce principe de précaution maximale ayant été retenu, l'eau distribuée au robinet doit répondre à cette norme. La sévérité de cette norme peut nous faire prendre conscience de l'impact que peut avoir une goutte de produit phytosanitaire renversée ou quelques litres de surplus de désherbant jetés à l'égout. Le saviez-vous ?La concentration des produits dilués utilisés en pratique est de l'ordre de quelques dizaines de milligrammes par litre voire de quelques dizaines de grammes par litre. En d'autres termes, mille à un million de fois plus que la norme légale. Dans ces échelles de grandeur, une goutte a son importance.
Pour plus d'informations sur la présence de produits phytosanitaires dans les eaux et sur l'évolution de la situation en région wallonne et en Belgique, consultez le Livre Vert. Quelles sont les conséquences de la présence de produits phytosanitaires dans nos eaux ?Du point de vue des producteurs d'eau, la présence de produits phytosanitaires dans l'eau (de surface ou souterraine) peut impliquer que celle-ci ne soit plus potable en l'état. Pour la rendre propre à la consommation humaine, les producteurs d'eau doivent alors lui faire subir un traitement adéquat qui permettra d'extraire les produits phytosanitaires de l'eau. Il s'agit de procédés d'extraction complexes et coûteux. Dans certains cas, notamment si la quantité de produit est trop importante, le traitement sera même impossible à réaliser, car les procédés d'extraction ont certaines limites. La source d'eau potabilisable sera alors inutilisable pendant toute la période durant laquelle des pics de concentration en produits phytosanitaires seront détectés. Ceci peut mettre en péril l'approvisionnement en eau d'un quartier et parfois obliger les producteurs d'eau à rechercher d'autres sources d'eau potabilisable parfois moins accessibles. En outre, compte tenu du principe du coût-vérité mis en œuvre en Région wallonne, le prix payé par mètre cube d'eau intègre notamment le coût de la production et de la potabilisation de l'eau. La manière d'utiliser les produits phytosanitaires agit donc directement sur la facture d'eau. |